SPECTACLES
« Arrivé en réa, la jambe en carpaccio, je me suis dit que c’était pas gagné…
Je suis coincé là avec Sophie, la femme de ma vie (si je suis encore en vie, c’est discutable), Paul mon petit frère un peu lourdingue, Sonia l’infirmière débordée, Arbakian mon chirurgien taré et Batavia, (un peu bavarde pour une salade)…
Ça mérite bien que je la raconte cette histoire !
Ils disent que je vais perdre ma jambe… plutôt crever, je vais me battre. En 1100 jours, j’ai décidé de me reconstruire et de transformer l’urgence en éclats de rire.
Parce que, vous savez quoi ? La morphine, elle est bonne !
Quoi ? Je suis toujours dans le coma ? »
Un spectacle tout public, à partir de la 3e
J’ai eu un grave accident de moto en janvier 2014. Depuis, je suis reconnu handicapé.
C’est un changement de vie terrible pour n’importe qui mais pour un comédien, sachant à quel point la condition physique et l’apparence sont importantes dans ce métier, c’est un tournant effrayant.
Ma vie professionnelle a été mise entre parenthèses pendant 3 ans, je ne savais pas si j’arriverais un jour à remarcher normalement, à retrouver le chemin des planches et des plateaux de cinéma. J’avais très peur d’être confronté à mes limites pour incarner un rôle physiquement.
Parallèlement, j’avais envie de m’exprimer sur ces 3 années de reconstruction. Je tenais un journal mais je ne suis pas auteur, je suis interprète.
Les retrouvailles avec Stéphane Titeca, avec qui j’avais suivi ma formation théâtrale il y a 30 ans, ont été décisives.
L’intérêt artistique qu’il a porté immédiatement à mon histoire a pu concrétiser mon besoin de partager mon expérience de ce qu’est le quotidien à l’hôpital, la peur de mourir, l’espoir, la résilience. Je ne voulais pas étaler ma vie mais créer une fiction inspirée de ce que j’avais vécu, l’accident, les nombreuses opérations, les greffes, la réa, la douleur.
Je voulais toucher, émouvoir sans exhibitionnisme, sans voyeurisme, et aussi faire sourire, voire rire. C’était un équilibre subtil à trouver.
C’est ainsi que nous sommes partis sur une comédie dramatique teintée d’émotion, d’humour et de fantaisie.
Régis ROMELE, comédien
L’histoire de cette pièce est une histoire d’amitié, c’est l’histoire de deux aspirants comédiens qui se rencontrent au cours de Jean Laurent Cochet en 1990, qui apprennent à se connaitre et à s’apprécier. C’est l’histoire de deux gars de 20 ans qui se disent : « un jour on montra un projet ensemble ». Puis comme souvent le temps, la vie passe… Ils se perdent un peu de vue.
Un jour, il se retrouvent grâce à un troisième larron qui était aussi chez Cochet et qui leur propose de jouer un court extrait de la pièce de l’un; dans une soirée exceptionnelle à l’Odéon : le genre de chose qu’on ne refuse pas. Le jour vient, ils se préparent dans une loge et là, l’un voit les cicatrices sur les jambes de l’autre et comprend que l’accident dont il lui avait parlé a été bien plus grave que ce qu’il avait compris.
L’autre c’est Régis Romele, et l’un c’est moi Stéphane Titeca, l’auteur de la pièce.
Apres la représentation , Regis m’a raconté cette histoire inouïe qui lui est arrivée. Alors je lui ai dit : « il faut en faire quelque chose, je suis ok pour l’écrire, si je trouve un angle, un bon angle si on fabrique du théâtre pas un récit de plus»
Le théâtre pour moi c’est l’art de raconter des histoires. Je n’aime pas trop les écritures biographiques, et même s’il y a des réussites notoires dans ce genre, je m’y retrouve rarement en tant que spectateur. Il me faut de la fiction. Mon travail d’auteur, c’est d’inventer des gens, des situations, d’inventer des vies. Mais parfois la vie dépasse l’imagination. L’histoire réelle qui a inspiré cette pièce est incroyable. C’est ce qui a fait que j’ai voulu la raconter. Il y avait plusieurs prérequis : je devais inventer mon propre univers, réinventer le réel pour en faire une vraie fiction, il fallait faire de cette situation dramatique, ce qu’elle est, une leçon d’espoir et de vie plutôt qu’un pathos larmoyant. Il y avait matière pourtant à faire une heure tire larme sur cette histoire : un comédien se rend à une répétition à moto, un chauffard le renverse et s’enfuit en le laissant pour mort. Grace à un héros du quotidien, il réussit à être sauvé mais il va perdre sa jambe, il reste en soin, 1100 jours.
Mais 1100 jours ce n’est pas ça, c’est la liberté de prendre un angle, que je crois, original, de créer des personnages, de montrer de la vie, de l’humour et de l’espoir. C’est un parcours de vie, qui ne donne pas de leçons, plus qu’une résilience, une reconstruction résolument optimiste qui se joue de tous les codes du théâtre, de son comédien, de héros en essayant, dans cet hôpital, de rompre la monotonie qu’on pourrait attendre d’un huis clos.
Oui c’est à l’hôpital que ça se passe, mais on ne fait pas qu’y mourir, souvent on y guéri, ici On y renait.
Donc, créer cette pièce, c’est rendre réelle une parole donnée il y a plus de 30 ans : «Mec faut vraiment qu’on fasse un truc ensemble »…
Stéphane TITECA, auteur
Equipe artistique
Avec : Stéphane Titeca, Agathe Sanchez, Laetitia Richard, Régis Romele
Auteur et metteur en scène : Stéphane Titeca
Assistant mise en scène et création sonore : Guillaume Druel
Scénographie : Moïse Hill
Costumes et accessoires : Justine Calais-Gillot
Chorégraphie : Aurélia Ayayi
Régisseur : Jean-Raphaël Schmitt
Et le regard complice de : Lina Lamara














Une coproduction : La TITE Compagnie, les Envies Folles et Ki m’aime me suive
Avec le soutien de : Adami déclendeur, Mécénat Touraine Entreprise, Fondation Vinci Autoroutes et Vallée Sud
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